Carnet de voyage

Le Trophée Roses des Sables

9 étapes
7 commentaires
Comment découvrir un pays différemment? Et si l'on partait faire un rallye humanitaire dans le désert marocain...
Octobre 2018
2 semaines
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Pour être honnête, je ne sais pas si l'aventure que je viens de vivre peut entrer dans le domaine des blogs de voyages de Myatlas. Mais ma fois, pourquoi pas la raconter à ceux qui seraient intéressés.

Suite à 6 mois de préparation, nous partons ma collègue de travail et moi même pour une aventure extraordinaire : Le Trophée des Roses des Sables. Il s'agit d'un rallye humanitaire 100% féminin. C'est une course d'orientation qui rallie Tanger à Marrakech par plusieurs étapes. Parmis les étapes, nous nous sommes préparées psychologiquement à affronter le franchissement de dunes, la nocturne ainsi que l'épreuve Marathon. Mais je vous les raconterais. Véronique est donc la pilote et je suis la co-pilote. Et dire que je ne sais pas retrouver ma voiture dans un parking... Alors utiliser une boussole! Heureusement que j'ai un peu pratiqué avant de venir. Pour toutes les femmes intéressées, pas de panique, la majeure partie des femmes sont toutes novices dans le domaine des rallyes et des 4x4. Pour notre part, nous portons fièrement le numéro d'équipage 221.

Sur les routes espagnoles 

Nous partons donc de notre petit village provençale, passons par Hendaye pour toutes les formalités administratives et les vérifications de notre 4x4. De là, tous les équipages partent pour rejoindre Algesiras et prendre le bateau pour Tanger. C'est de là que nous recevons notre premier road book. Mais un road book très facile d'utilisation. En gros c'est un GPS sur papier. Nous prenons le bateau à l'aube, il fait encore nuit, nous sommes toutes endormies. Après avoir réglé l'administratif au niveau de la douane, je me précipite sur le pont du bateau pour voir le lever de soleil. Un moment magique, rien que pour moi. J'ai même pu voir des dauphins. Cela annonce une aventure magique...

Nous voilà arrivées à Tanger après seulement 1h30 de traversée. La pression commence à monter petit à petit. Une grosse journée voiture nous attend. Plus de 700 Km pour arriver près d'Errachidia, lieu de notre premier bivouac. Nous sommes prévenues, la route est longue mais il ne faut pas trop trainer si l'on ne veut pas arriver trop tard sur place. Et puis avec notre 4x4 remplie à bloc avec les affaires d'humanitaire, autant dire que nous ne roulerons pas à 120 km/h. Tripy en place, road book en main, à chacune de nous de trouver la route. Bon honnêtement c'est un GPS, rien de compliqué. Il y a juste à suivre les indications. Nos premiers pas sur l'autoroute marocaine sont particuliers. Nous passons déjà à la découverte. Il faut être très vigilantes. Des enfants s'amusent à traverser l'autoroute avant que notre voiture arrive à leur niveau, d'autres la traversent en mobylette. Les animaux s'y mettent aussi. Ce qui est amusant, c'est que les personnes nous klaxonnent, nous saluent. Tu m'étonnes, 140 4x4 qui déboulent ça doit être impressionnant. En sortant de l'autoroute nous commençons à découvrir de jolies paysages, villages. Malheureusement, le temps presse et nous ne prenons pas le temps de nous arrêter à tous les points de vues. D'ailleurs ce blog sera pauvre en photo de paysage. Compétition oblige. Nous passons à coté de l'Atlas, de la vallée des singes...

l'Atlas 
Photos prises à la volée durant le trajet 

Après 10h de route au total, nous voilà arrivées au bivouac parmi les premiers équipages. Notons qu'au total nous nous sommes arrêtées que 30 minutes pour les changements de conducteur. Depuis notre départ nous cumulons 2600 km. Les longues distances ne nous font plus peur. C'est déjà quelque chose que nous gagnons. Chose que je n'aurais clairement jamais fais avant. Nous arrivons donc de nuit, le bivouac est mignon. Les tentes 2 personnes blanches collées les unes aux autres, de grandes tables colorées installées pour le repas, des tapis... et les sanitaires. Bon ce ne sera pas la partie la plus géniale du voyage. Après nous être installées, après avoir mangé, nous écoutons le debrifing du grand chef, Jean-Jacques REY, le directeur de la course et pilote expérimenté avec à son actif le Paris/Dakar notamment. Tous les soirs nous avons le droit à ce moment à nous. Il commence par un JT, avec des images fabuleuses de nos courses, des équipages, des filles en action, et les explications pour les étapes du lendemain. Ça y est, la course commence. Nous sommes toutes émues et excitées. Vivement le lendemain, d'enfiler nos casques et de faire nos premières épreuves.

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Cette journée commence par la toute première étape du rallye. Autant vous dire que je commence légèrement à stresser sur l'orientation. Il s'agit de la warm up. Comme son nom l'indique, elle nous permet de nous mettre en jambe, de nous familiariser avec le tripy, la boussole, le road book et notre véhicule. Comme nous prenons le départ par ordre d'équipage, je prend le temps de prendre quelques photos du bivouac. Nous sommes au milieu de nul part et la lumière matinale est très appréciable. Nous devons récupérer toutes nos affaires. Notre passage à Errachidia est rapide. La nuit qui suit, nous dormirons à Merzouga.

Notre bivouac et ses alentours 

Nous vérifions la pression des pneus, l'huile, nos casques sont sur nos têtes et c'est parti!

Sur la gauche, le road book 

Je fais une toute petite parenthèse. Dans ce blog spécial, nous parlerons de paysages, de rencontres mais aussi beaucoup de sentiments, de ressentis et d'émotions. En même temps, n'est-ce pas tout cela à la fois qui alimente un voyage?

Je fais mes premiers caps, bien concentrée, je demande à ma pilote de nous arrêter à chaque case que je suis avec précision, du moins j'essaie. Oui nous sommes bien au Maroc, dans le désert. Nous découvrons nos premiers oueds, nos premières dunettes. 33 km à parcourir pour cette épreuve. C'est une découverte à chaque instant. Nous ne savons pas si c'est beaucoup, et ce qui nous attend les prochains jours. Au final, nous la faisons sans encombres. Juste un petit moment de doute sur une piste mais rien de plus. Aucune pression. Véronique se régale à faire ses premiers pas en conduite dans les oueds. Elle apprend à contrôler son Nissan Patrol, à voir jusqu'où il peut aller, comment il fonctionne.

Ah mais c'est ça une herbe à chameau! 

Première étape terminée. Nous avons un événement qui nous tient à cœur, la journée de solidarité. Oui, parce que le rallye n'est pas uniquement une aventure sportive. Nous devions récolter du matériel de puériculture et d'hygiène pour l'association "Les Enfants du Désert". Nous allons donc au village de Haroun pour les rencontrer. Nous sommes attendues pour un repas chez l'habitant. Après avoir déposé nos dons, nous sommes prises en charge par l'organisation qui nous mène dans la maison d'une famille du village. Des équipages sont déjà installés et ont déjà pris le thé à la menthe. Nous faisons de même. Notre hôte nous a préparé un couscous maison bien entendu. Il faut noter que c'est un village très pauvre, les 4 femmes ayant préparé notre repas ont été payées par notre organisation. La famille a le sourire, ils sont contents de nous recevoir. Nous essayons tant bien que mal de discuter par les gestes, les sourires. Les jeunes filles nous proposent de nous faire du henné. Nous acceptons pratiquement toutes. Plus tard, un interprète se joint à nous. Nous parlons de la vie en général, de la religion, des mariages, de la gastronomie, des coutumes. Un moment très important pour moi, que j'apprécie toujours. Etre au plus proche des habitants. Ce qui m'a marqué c'est que dans cette pauvreté, les demoiselles ont tout de même un téléphone portable ainsi que la dame, qui je pense, était leur grand-mère. Une fois le repas terminé, l'hôte me voit prendre quelques photos et me propose de monter à l'étage pour que je visite sa maison. De nombreuses filles nous suivent. Il s'agit d'une maison en terre, sur la terrasse il y a le linge étendu, le four, des dates en cours de préparation, des lapins... Elle est heureuse de nous présenter son habitation.

Nous poursuivons cet instant dans les ruelles de Haroun. C'est très petit, nous passons devons une crèche qui a été récemment construite par l'association. De nombreuses choses sont mises en place comme la construction de puits, de maisons pour les familles les plus démunies. Les enfants sont tous souriants. Ils nous prennent par la main pour nous emmener à l'école, là où se déroule l'animation.

La nouvelle salle de classe qu'ils appellent "crèche" 
Au détour d'une ruelle 

Après avoir fait un tour dans les toutes petites ruelles de Haroun, nous rejoignons les autres pour les activités. L'association a mis en place des activités manuelles comme peinture, dessin, confection de bijoux, danse... Dans l'école règne une très bonne ambiance. Ils ne parlent pas français mais avec les enfants c'est d'autant plus amusant de communiquer. Nous rencontrons alors Fouad un chirurgien ophtalmo basé sur Meknes. Il fait le tour des villages pour effectuer des dépistages. Cela permet aux enfants d'être diagnostiqués sur certaines pathologies et de pouvoir être corrigés par des lunettes de vue. Le but étant d'apporter à ses jeunes un savoir, une éducation : Mieux voir pour mieux apprendre. Il nous explique que ce jour, il a déjà vu 12 enfants et que deux sont atteints d'un kératome. Ce qui est énorme. Ceux sont le sable et le soleil qui entraînent cette sécheresse et rendent les enfants pratiquement aveugles. Cela reste des interventions assez urgentes. L'association organisera une hospitalisation prise en charge totalement pour que ces enfants bénéficient d'une greffe de cornée. Moment très intéressant, surtout pour nous infirmières, qui avons pu discuter longuement avec ce professionnel de santé.

les consultations ophtalmo, notre récolte de dons qui sera distribuée 

Après ces moments plein d'émotion, nous partons chacune rejoindre le campement de Merzouga. Nous ne voulons pas arriver trop tard car le soir nous attend l'épreuve de nuit tant redoutée par les co-pilotes. Sur le chemin nous croisons forcément de beaux paysages, nos premiers dromadaires, se baladant seuls au milieu de nul part, ainsi que quelques instants de vie.

Photos prises à la volée 
Notre arrivée sur le Bivouac 

L'arrivée sur le bivouac est superbe. C'est la fin de journée, les dunes sont pratiquement oranges. Nous nous installons pour 3 nuits. Au niveau des sanitaires c'est un chouilla plus luxueux. A la tombée de la nuit nous sommes attendues pour notre seconde étape de la journée : la Star Wars. Ou plutôt la nocturne de 13km environ. C'est avec la boule au ventre que nous passons l'arche de départ. Mais au final rien de bien compliqué, du moins le niveau technique est assez facile. Seulement un plateau. Niveau navigation... et bien tu fais confiance au road book et tu pars à tâtons dans le noir au niveau de ton cap. Mais nous ne nous sentons en aucun cas perdues car nous apercevons les phares des autres 4x4 au loin. Le but étant de faire le moins de coupes possibles et bien suivre le trajet imaginaire. Nous finissons par une petite dune. Véronique n'y est pas allée assez fort pour sa première. Certainement l'appréhension. Mais en s'y reprenant à plusieurs fois, elle réussi. Certains équipages vivent leur premier ensablement. Nous sommes fières car nous terminons 8ème de la course sur 140 équipages. Plutôt pas mal. Passé l'arrivée, nous recevons notre road book pour l'étape du lendemain : La wonder Woman. 170 km de pistes nous attendent. Là, le jeu commence réellement, les distances deviennent longues et la technique plus compliquée. Nous nous couchons tôt car je sens tout de suite qu'une longue journée nous attend... Et c'est peu dire.

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La Wonder Woman... Comment dire... Nous débutons par 40 km de liaison pour rejoindre notre point de départ. Bon, rien de fou à ce moment. L'étape s'annonce magnifique et diversifiée au niveau des paysages. Lors de l'attente au départ, des marocains nous attendent avec leurs petits trésors. Plus de 200 femmes ma fois, autant tenter les ventes.

Sur la liaison  

Les 30 premiers km de cette étape sont juste géniaux pour moi. Je me concentre, je vois que j'arrive à faire les caps avec facilité, je prend confiance en moi. De plus, nous arrivons au premier point de contrôle avec 200m de moins effectué. Autant vous dire qu'à ce moment là j'ai le grand sourire. Parfait si jamais nous nous loupons quelque part.

Notons que sur le road book nous voyons la liaison vers l'étape. Mini GPS 

On avance sans trop de difficultés durant 100km. Nous croisons des enfants, sortant de nul part. Ce qui m'a touché et attristé est qu'ils venaient à nous non pas pour demander des sous, ou nous vendre des babioles, mais vraiment pour nous demander de l'eau. Nous leur donnons ce que nous pouvons. Nous arrivons sur des paysages tout droit sortis des films. Comme par exemple Star Wars. Des châteaux improbables, des pyramides se grandissant en plein milieu du désert. Malheureusement, je n'ai pas pris mon appareil photo. Et bien heureusement car le sable est omniprésent dans le 4x4. J'ai pu sortir quelques minutes mon téléphone.

Photo prises à l'iphone 

Pour la faire courte, tout se passe bien jusqu'au centième kilomètre. A partir de là, les choses se corsent. Nous nous perdons. C'est incroyable! On a toutes le même road book, on démarre toutes du même endroit avec une mise à zéro du tripy exactement pareil... Mais non, nous sommes toutes éparpillées de partout. Qui a raison? Qui a tord? Nous arrivons avec un peu de difficultés à retrouver notre chemin. Nous aurons quelques doutes et concertations avec les autres équipages perdus qui nous mettront pour la suite de la journée en retard. Après un petit coup de stress nous arrivons à un point de contrôle qui nous permet de remettre tous les compteurs à zéro et repartir de plus belle. Encore une longue route nous attend. Mais pour ne pas changer, nous en prenons plein les yeux. Nous passons dans des paysages tellement variés. A proximité des villages les jeunes courent jusqu'à la piste pour nous faire coucou. Nous traversons même ce que j'appelle le Mordor.

Un passage magnifique lors de cette course 

Et là...la nuit commence à pointer le bout de son nez...Et là, un 4x4 se plante dans une dune juste devant nous. Et là...et bien, nous aidons. Fort heureusement nous sommes plusieurs équipages dans la même galère. Je ne vous le cache pas, qu'à ce moment là, je pleure. Je pleure de fatigue, concentrée toute la journée sur ce road book. Je pleure de peur car je ne sais plus du tout où l'on est, à quelle case nous sommes. Je pleure parce que nous sommes Dimanche soir, pelle à la main, entrain de désensabler un équipage, alors que je pourrais être devant un bon Netflix, sous mon plaid avec une bonne tisane. Mais la solidarité prend le dessus. On se donne toutes à fond. Tant dis que certaines aident à sangler, d'autres filles partent explorer à la frontale les environs. Ou pourrons-nous passer? Ma pilote est présente, me soutient, me dit que tout ira bien. Mais je me sens responsable, si je la dirige vers un endroit, qui me dit que ce ne sera pas dangereux? Je sais que nous sommes suivies par Geo localisation par l'organisation mais rien y fait. J'ai besoin d'évacuer cette journée stressante où il a déjà fallu plusieurs fois se concentrer pour retrouver notre chemin. Nous arrivons tant bien que mal à désensabler l'équipage. Mais c'est au tour du véhicule qui à aider au sanglage de s'embourber à son tour. Plus tard, nous les retrouverons perchées sur une dune à 23h. Même histoire, je craque. Heureusement, un SSV est en manque d'essence et appuie sur le bouton d'urgence pour s'en faire livrer par l'organisation. Nous en profitons et votons. Qui veut être remises sur le droit chemin pour terminer la course? Pratiquement toutes. Nous perdons toutes 300 points mais au moins nous savons où nous sommes et pouvons terminer la course sans être disqualifiées ou rapatriées pour abandon. La nuit, c'est une horreur, nous perdons vite tous nos repaires.

Je suis en larmes à faire mon cap avec les autres équipages dans la même galère. Au loin, j'aperçois une lumière se rapprochant de plus en plus. On vient peut être nous sauver! Un bédouin, tranquillou sur sa motocyclette vient à moi.

Lui : "Mais pourquoi tu pleures?

Moi : "Je suis triste parce que je suis perdue, je ne sais pas où je suis et je ne sais pas où je dois aller"

Lui : "Mais tu n'as pas de GPS"? (Prononcer Jipiesse)

Moi : "Et non, j'ai une boussole et un road book"

Il me regarde avec un air déconcerté " Mais pourquoi tu suis pas les étoiles?Tu vois, moi je sais que j'habite au scorpion donc je le suis"

Après 15h en voiture, casque sur la tête, vous imaginez la fatigue. Quand nous arrivons au bivouac c'est la libération. Mais je retombe immédiatement. Le lendemain nous attend l'étape de l'orientation sur 150km. 150!!! Mais nous venons d'en faire 170 et nous rentrons à 1h du matin. A ce moment là, je perd toute confiance en moi, j'appréhende énormément la course du lendemain. Ma pilote, me voyant en panique me dit que si je ne la sens pas, nous ne la ferons pas. Sur le coup ça me rassure mais je sais qu'au fond de moi je n'abandonnerai pas. C'est là que je comprend, pour ma part, ce qu'est le dépassement de soi. J'ai dépassé mes limites. Véronique était sereine car elle avait confiance en moi. Mais moi pas. Nous n'avons pas vécu l'étape de la même manière. C'était d'ailleurs assez difficile pour Véronique de comprendre pourquoi j'ai réagis comme ça. Je suis sortie de ma zone de confort et cela m'a fait peur. De plus, nous sommes officiellement des pros du désensablage et du sanglage, de nuit qui plus est. Avant de m'endormir, épuisée, les yeux gonflés, je me rend compte qu'en 24h nous n'avons mangé qu'une mandarine.

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Après une très très courte nuit, nous devons nous remettre en selle. Véronique est inquiète. Vais-je accepter de faire l'épreuve? Evidemment. Il est juste hors de question que nous abandonnions. Nous irons jusqu'au bout des épreuves même s'il faut pleurer.

A proximité du bivouac 

C'est avec la boule au ventre que je pars pour cette étape. Bon, je commence à être habituée. Surtout que cette fois-ci, il s'agit de l'étape pour les co-pilotes. C'est donc mon moment. Le moment de me ressaisir et de faire mes preuves en orientation. Le classement n'est pas important mais au moins ne pas nous tromper de trop serait parfait. La marge d'erreur est beaucoup plus importante car nous passons de nombreux plateaux et les traversons sur de nombreux kilomètres. Il faut refaire le cap souvent. Nous débutons par un oued, et poursuivons à l'aveuglette sur les plateaux lunaires. Deux dromadaires se frottent le dos juste à notre niveau de passage. Ils sont seuls. Un SSV s'ensable entre les herbes à chameau. "Non non non, nous avons assez aidé hier soir, je ne veux pas rentrer à 1h du matin, on avance!". Hors de question pour ma pilote de les laisser. Alors on ne perd pas de temps. On dirige l'opération comme des chefs et en seulement 10 minutes elles sont libérées. "Merci les filles, ça se voit que vous n'en êtes pas à votre premier rallye". Juste cette phrase arrive à me redonner le sourire car oui, c'est notre premier.

Je me détend seulement au centième kilomètre. Même si j'ai pris la direction d'une mauvaise montagne, j'ai tenté une coupe qui nous a évité de faire trop de kilomètres en plus. Une fois de plus des paysages divers et beaux tout simplement. Nous passons par un village de certainement pas plus de 10 habitants avec un potier qui exposait ses créations. Toujours en plein désert. Mais qui vient là lui acheter des poteries?

Finalement, nous rentrons au bivouac vers 16h. Je retrouve le sourire et la confiance en moi. Nous pouvons enfin profiter des alentours du bivouac. Nous sommes tout de même au pied des dunes. Les dunes, l'étape du lendemain. Cette fois-ci, l'étape des pilotes. Peu d'orientation, que de la technique. Pour cette fin de journée le maître mot est REPOS.

Le bivouac 
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Le lever se fait tôt pour les équipages. Nous devons nous rendre toutes pour le lever du soleil sur les dunes de Merzouga pour effectuer la photo pour la lutte contre le cancer du sein. Nous formons un soleil. Moment qui me touche tout particulièrement.

Lever de soleil sur les dunes  

Nous en profitons pour observer les dunes. Elles paraissent tellement douces... Mais nous saurons assez vite qu'elles peuvent être aussi redoutables et dangereuses.

Let's goooo! Bon, je passe les détails sur les 60 km avant d'atteindre les dunes. Rien de particulier. Nous arrivons donc au pied des dunes. Nous dégonflons nos pneus pour pouvoir monter les dunes plus facilement. Nous avons peur de déjanter (ce qui est d'ailleurs arrivé à un équipage) donc nous les mettons à 1,2. Le but du jeu parait assez simple : Des drapeaux en guise de repaire. Comme au ski, nous devons slalomer dans les dunes entre des piquets blancs.

Première dune sur 600m à grimper. Véronique se met en vitesse courte. Elle démarre en première, accélère, seconde avant la dune... et puis plus rien. On a pas assez de puissance. Elle redescend donc en marche arrière et refait la même manoeuvre. Toujours pas. Je sens qu'elle commence à s'énerver donc je préfère sortir pour prendre du recul. Elle ne prend pas assez d'élan et doit passer en 3ème avant d'arriver aux dunes. Après plusieurs appréhensions, elle finit par passer comme une chef. S'en suit LA fameuse dune tant redoutée. L'organisation nous stoppe pour y aller chacune notre tour: "Vous y allez à fond, n'ayez pas peur vous allez voir le ciel". Pour encourager Véronique je crie "ne lâche pas, vas y! fonce!". Et effectivement, dans un hurlement en chœur, nous voyons le ciel puis quelques secondes après le sable. De vraies montagnes russes. Véronique s'éclate et maîtrise maintenant très bien le Patrol. Jusqu'au moment où nous loupons des piquets. Cela va tellement vite!

Nous nous retrouvons donc en hors piste. Nous enchaînons des dunes improbables qui nécessitent une maîtrise particulière du véhicule. Juste au moment où l'on se retrouve les 4 pneus en l'air. La retombée est rude. Une herbe à chameau nous attendait là tranquillement. Fort heureusement le 4x4 est solide. Nous poursuivions un devers qui a failli mal finir. Les réflexes des pilotes ne sont pas forcément les bons. Dans cette situation on aurait tendance à remonter la pente plutôt que d'y plonger. Le risque est de faire un tonneau. Nous y avons échappé de peu. A cet instant, ma pilote tremble de tous ses membres. Elle a eu peur pour nous. Alors que je suis confiante et que je sais qu'il nous arrivera rien puisque de nombreux membres de l'organisation sont visibles et aux alentours, c'est au tour de Véronique de paniquer. Elle n'arrive plus à reprendre le volant pour avancer. Jusqu'au moment où un bédouin arrive vers nous en motocyclette. D'ailleurs je précise qu'il est en tongues et qu'il fait ça avec une facilité déconcertante. Il essaie de nous aider, de nous indiquer un chemin. Mais deux possibilités s'offrent à Véronique. Soit elle décide de prendre le chemin par la crête et nous risquons d'être en devers, soit elle reprend les dunes hors pistes très pentues. J'essaie de la motiver, je lui montre que j'ai confiance en elle, qu'elle peut y arriver. Heureusement l'un des membres importants de l'organisation vient à notre aide. Il nous propose de nous ouvrir la route. Nous ne perdons pas de points car en soit nous ne sommes pas perdues. Nous savons où aller mais nous ne savons pas comment nous y rendre. Finalement ma pilote prend sur elle et se lance à nouveau. Nous arrivons à sortir des dunes pour le plus grand plaisir de Véronique. Une pause s'impose! Nous profitons de regonfler les pneus pour acheter aux marocains quelques babioles. Cela nous permettra de nous rappeler ce que nous venons de vivre. Nous prenons également un peu de sable.

Nous arrivons pour la seconde fois assez tôt au bivouac pour notre plus grand bonheur. Nous en profitons pour nous détendre. Nous faisons donc du dromadaire. Certes, une activité de touristes qui ne correspond pas du tout au thème du rallye mais au final, nous nous retrouvons seules, au calme. D'un coup nous voyons les dunes d'une toute autre manière. Nous enchaînons ensuite avec une séance d'ostéopathie. Ils sont là bénévolement sur le bivouac donc nous en profitons! Et d'après eux, j'en avais drôlement besoin. Tu m'étonnes!

Notre sortie dromadaire et le bivouac 

La soirée est consacrée à la préparation de nos sacs. Le lendemain nous quitterons le bivouac de Merzouga pour celui de Tazarine. Certes... Mais avant d'y arriver, il va falloir parcourir 345 Km en 2 jours. De plus nous avons un objectif important. Il faut avoir passé le dernier grand oued avant d'espérer poser notre tente pour la nuit (soit parcourir un peu plus de 200km). Nuit en totale autonomie. Il serait dommage de ne pas y arriver et d'être disqualifiées pour cause de rapatriement. Nous discutons avec des professionnelles du rallye qui nous expliquent qu'il ne faut pas hésiter à appuyer sur le bouton d'urgence si nous sommes perdues. Ils nous remettent dans le droit chemin. Nous perdons 300 points si nous le faisons mais au moins, nous ne sommes pas hors compétition. Et pour l'ultime épreuve ce serait dommage de s'arrêter là. La stratégie est donc validée et mise en place.

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Voilà qu'après une bonne nuit à rêver de notre arrivée nous nous préparons pour cette longue étape. Nous passons un peu plus de temps à faire le tour du 4x4. Je l'avoue, nous sortons aussi pour la première fois la carte du Maroc. Où allons nous exactement? Avant de quitter le bivouac, tous les membres de la Team Santé Solidarité font une petite photo souvenir. Nous en faisons partie. Il s'agit d'une équipe d'infirmières, médecins, aides soignantes. Nous prenons donc le départ. Là c'est sure nous n'allons pas commencer à traîner et papillonner. On se rend compte assez vite qu'après une petite semaine d'étapes nos gestes sont plus rapides, ma réflexion sur l'orientation l'est aussi. Je commence à connaitre le cadran de ma boussole par cœur. Parfois, je ne prend pas le temps de sortir de mon véhicule pour choisir quelle piste on doit prendre et à quel cap. Je sais où j'en suis. En un coup d’œil, je sais anticiper et savoir à quel cap passe la piste. Bien entendu sur les plateaux cela reste une autre histoire. Toujours par rapport à cette marge d'erreur qui peut être élevée si l'on ne se concentre pas.

Je ne perd pas de vue notre objectif principal. Faire au moins 200 Km avant le coucher du soleil. Tout se déroule très bien. Nous hésitons à quelques endroits mais rien de plus. Nous prenons seulement le temps de nous poser sur un col pour jouir de la vue à 360 degrés sur toute la vallée. Ce qui est étonnant est qu'il n'y a aucuns villages aux alentours mais de temps en temps nous croisons une femme et ses enfants adossés contre le seul arbre présent. Mais d'où ils viennent? Comment sont-ils venus jusqu'ici?

A ce moment là les choses se compliquent un petit peu. Nous n'entrons pas par le bon endroit dans l'oued et avons du mal à trouver son lit. Beaucoup trop de dunettes, d'herbes à chameau. Nous sommes plusieurs équipages en difficulté. Nous avançons à tâtons. Le temps passe vite et je commence à m'inquiéter quand je vois le soleil descendre dans le ciel progressivement. J'ai un peu peur de ne pas finir cette épreuve à cause de l'objectif obligatoire. Je suggère donc d'appuyer sur ce fameux bouton. A cet instant nous sommes avec un équipage avec qui nous avons bien sympathisé. La co-pilote "adversaire" est du même avis. Mais les pilotes ne le sont pas. Petite mésentente. Elles préfèrent rebrousser chemin. Bon très bien, on le tente une dernière fois. Au final, nous récupérons un convoi de 4x4 que clairement nous suivons. Je suis contente. Pas besoin d'appuyer. Et là... c'est le drame. Je passe les détails mais une dispute éclate dans la voiture. Venant de nul part, je me prend les foudres de ma pilote. Certainement une angoisse qui ne s'est pas envolée depuis la première épreuve. Mais une dispute tellement forte que ma pilote menace d'abandonner la course. Chose qui est juste impensable à maintenant 150Km de l'arrivée finale. Heureusement, nous passons un contrôle de passage avant de poser notre tente. L'organisation explique que dans tous les cas la nuit se passe ici et qu'il ne faut pas espérer prendre son 4x4 seule et partir à Tanger prendre le prochain bateau. Ma pilote est donc bloquée avec moi et j'en suis contente. Elle n'a pas le choix, elle doit continuer.

Il est difficile pour moi de redescendre en pression. Je suis vraiment en colère et très vexée. Nous arrivons à cet endroit avec quelques équipages. Ce qui nous permet de partager nos expériences, d'en rire (ou pas), de boire un coup ensemble. Cette soirée est pour moi. J'en profite pour m'éloigner un peu de tout le monde, de ma pilote, avant de rejoindre les autres. Rester ensemble H24 n'est plus chose facile. Nous sommes au milieu de nul part, entre filles à savourer les vins de tout le monde. Ambiance festive dans le désert. Le ciel étoilé est juste magnifique. Aucune pollution lumineuse, ce qui nous permet même de voir la voie lactée à l’œil nu. Un régal pour ma part. Le lendemain matin, on se réveil à 5h du matin pour observer les étoiles. Et là c'est magique!

Le coucher de soleil rien que pour nous 

Le réveil est très frais. Les derniers kilomètres nous permettent de passer dans des petits villages, d'apercevoir les agriculteurs à l'oeuvre, les enfants se préparer pour l'école...

Nous arrivons au bivouac de Tazarine. Incroyable! Nous sommes des Roses, c'est officiel! Une émotion indescriptible me parcourt. C'est un sentiment de soulagement mais en même temps de tristesse. Ce que j'ai vécu ne se reproduira plus jamais. Et surprise (même si cela ne veut strictement rien dire dans le classement), nous sommes dans les toutes premières à arriver. Tellement que les équipes n'étaient pas entièrement prêtes pour nous accueillir. Nous sommes fières de nous. Je parle pour ma part et je suis fière d'avoir accomplie ce que j'ai fais. Malgré les peurs et doutes, je n'ai pas lâché même si des fois l'envie de rentrer chez moi me traversait l'esprit. L'orientation était une nouveauté pour moi. J'ai beaucoup appris et au final, je ne me suis pas trop mal débrouillé.

L'arche d'arrivée 

Malgré une petite tempête de sable. Nous terminons cette étape par un excellent couscous, et une soirée dansante pour tous nous féliciter. Mais ce n'est pas tout à fait fini. Nous devrons rejoindre Marrakech pour la soirée de remise des prix. Seuls ceux qui ont déjà emprunter le col du Tichka peuvent comprendre le long périple qui nous attend.

Notre arrivée "presque" festive 
Nous sommes des roses!!!! 
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Voici venu le moment tant attendu pour moi. Rejoindre Marrakech. Mes parents et mon oncle, qui m'ont soutenu, nous attendent sur place. C'est beaucoup d'émotions pour moi. Je suis fière de moi mais voir mes parents l'être tout autant... c'est juste magique.

7 heures de route pour 380 km au travers de beaux paysages ET du col du Tichka élevé à 2260 m d'altitude.

On the road 

Même si la circulation n'est pas évidente à cause des travaux, des différentes sortes de transports et de la route sinueuse, le temps passe assez vite grâce aux merveilleux paysages qui défilent.

Nous arrivons donc à Marrakech. Encore dans les premières puisque j'avoue que j'étais assez pressée de revoir les miens. Encore une fois, l'organisation n'était pas prête à nous accueillir aussi tôt. Mais ce n'est pas grave. J'aperçois au loin mes parents sauter dans tous les sens quand ils reconnaissent le 4x4. Mes parents me prennent dans leurs bras. Merci d'être venu! Cela rend la fin du rallye très émouvante et me rappelle ce que l'on a fait avant d'arriver là. Mais pas trop le temps de papillonner. Je veux profiter d'eux à fond. On récupère notre chambre dans ce superbe hôtel 5 étoiles. Ahhhhhh un grand lit, rien que pour moi! Une belle salle de bain avec de l'eau chaude! Que du bonheur! Je ne tente même pas de m'affaler sur le lit de peur de ne plus jamais me relever. On se prépare. On sent bon. Et en avant pour une première visite de Marrakech. Oui, nous terminons le bla-bla du rallye et passons au tourisme.

Nous n'avons pas énormément de temps devant nous en réalité donc nous attaquons directement par les souks de Marrakech. Les souks... J'adore. Ce n'est pas la première fois que je vais à Marrakech mais j'avais oublié ce qu'était de négocier. Quoi de mieux pour finir cette aventure que de ramener des souvenirs. Nous partons dans le labyrinthe à la recherche de quelques trésors. Les souks font partis des incontournables de Marrakech. Je dégote donc un pouf en cuire, des boucles d'oreilles, des coussins berbères. De quoi refaire la déco du salon !

En début de soirée nous mangeons sur la Place Jemaa el-Fna qui est la place centrale de Marrakech et le lieu le plus important de la Médina. A la nuit tombée, les dresseurs de singes, les charmeurs de serpents et autres personnages laissent place aux stands de nourriture, des musiciens et des spectacles improvisés de toute sorte. C'est dans cette ambiance que nous décidons de nous installer sur le toit terrasse d'un restaurant. Ce qui est très agréable car nous bénéficions d'une vue d'ensemble sur la place. Nous mangeons des plats traditionnels servis par des serveurs très souriants. Sans trop tarder et une fois la panse bien remplie, nous rejoignons nos fameux lits ultra confortables. Ce sera la première fois depuis 10 jours que je passe une nuit sans interruptions avec un sommeil de plomb.

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Pour cette journée libre, nous décidons d'aller visiter ce que l'on peut de Marrakech. Il s'agit d'une période de vacances scolaires donc il y a pas mal de touristes à ce moment là. Nous commençons par visiter le musée national du tissage et du tapis. Une belle collection de tapis est exposée dans le palais Dar Si SaÏd dans le vielle médina. C'est interessant pour les pièces que nous découvrons ( Tapis anciens venus de différentes régions du Maroc avec un tissage différent) mais aussi pour le lieu. C'est assez étonnant car dans les rues de Marrakech il y a énormément de bruit et dès que l'on rentre dans ce palais c'est si calme. Même dans les petits jardins. Malheureusement, le palais Bahia que nous avions déjà pu visiter, était bondé de monde. Mais au final c'était tout aussi interessant.

Nous poursuivons en direction du Palais El Badi. Dans les ruelles, des charrettes passent dans tous les sens, menées par des ânes plus que fatigués et amaigris. Les cyclomoteurs se croisent en frôlant à chaque fois l'accident, les couleurs et senteurs des étalages nous amènent à faire quelques pauses achats.

Dans les ruelles de l'ancienne Medina 

Le palais El Badi est une belle découverte. Il s'agit d'un ensemble architectural construit à la fin du 16ème siècle par le Sultan saadien Ahmed al-Mansur Dhahbi pour célébrer la victoire de l'armée portugaise, en 1578, dans la bataille des trois rois. De nos jours, il n'y reste plus grand chose. Une grande esplanade avec des orangers, piscine et jardins entourés de bâtiments. Environ 100 ans plus tard un second sultan a pris tout ce qu'il y avait de plus riche dans ce palais pour construire la ville impériale de Meknes.

C'est vraiment jolie, d'autant plus que des cigognes nous surveillent du haut de leur nid. Nous pouvons même avoir une petite vue sur la ville.

Après avoir mangé un repas dans un petit snack nous retournons dans les souks pour aller du coté des teinturiers. Un homme nous fait passer par sa cachette. En réalité nous tombons dans sa boutique et un jeune prend le temps de nous expliquer les principes de teintures avec les couleurs que nous retrouvons dans la nature. Mon oncle se fait évidemment avoir et m'achète un foulard.

Le soir nous sommes attendus pour la soirée des remises de prix dans un grand hôtel de Marrakech. Les familles venues y sont conviées. Grande émotion quand je reçois mon petit diplôme et quand toute l'organisation tour a tour nous félicite. Le repas est plus que copieux : Entrée, tajine, couscous, dessert et thé à la menthe.

Soirée remise des prix 

Le lendemain matin, nous partons tôt pour rentrer à la maison. En tout, nous parcourons 2600 Kms en 36h avec seulement quelques heures de pause pour dormir un peu dans le 4x4.

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Pour conclure, j'ai sous estimé la difficulté de ce rallye. Je ne pensais pas qu'au niveau de l'orientation cela allait être si difficile et que la marge d'erreur était si grande. De même que pour le franchissement de dunes. Pour ma part, je me suis rapidement rendue compte de l'importance de nos différents rôles et de nos responsabilités respectives . Elles ne sont pas les mêmes et les coups de stress n'arrivent pas au même moment. Fort heureusement sinon il y en aurait plus d'une qui auraient abandonné.

Les lieux, paysages que nous avons vu étaient vraiment magnifiques. Un touriste ne peut pas espérer s'y rendre sans se déplacer en 4x4 et surtout sans être accompagné. Nous avons donc une grande chance d'avoir vu tout ça.

Bien entendu je retiens les bons comme les mauvais moments. J'avoue qu'un goût amer n'a pas permis à la fin de mon aventure d'être aussi magique que ce que j'aurais pu penser. Cela fait parti du jeu, de l'aventure. Mais j'ai pu apprendre de moi, des autres, me dépasser, franchir mes limites. Je retiens aussi les beaux moments passés avec les enfants du désert. Pleins de sourires qui resteront dans ma mémoire.